Ça grogne fort dans le rang des militants du parti dirigé par le président Joseph Djogbénou dans la 10ᵉ circonscription électorale. La gestion solitaire et autoritaire du superviseur de la circonscription est en train de plonger l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) dans une crise interne qui menace sérieusement son avenir. Ce qui aurait pu être un moment de cohésion et de relance politique se transforme en champ de manipulations, de favoritismes et de règlements de comptes à peine voilés.
Le processus de désignation des candidats pour les élections communales de janvier 2026 dans les communes de Glazoué, Savè et Ouèssè s’est déroulé dans une opacité totale. Un comité de travail avait pourtant conduit un exercice méthodique et consensuel pour identifier les militants capables de porter victorieusement les couleurs du parti. Mais ce travail, salué par la base, a été purement et simplement balayé par le superviseur, qui a imposé ses choix personnels, privilégiant les militants de son ancien parti, écartant ceux jugés indociles et foulant aux pieds les principes d’équité et de mérite qui devraient guider toute organisation sérieuse.
Les protestations ont fusé, notamment à Kpakpaza, Glazoué-centre, Savè et Ouèssè. Les militants, indignés, ont exprimé leur désarroi face à ce mépris flagrant. Mais fidèle à sa logique autocratique, le superviseur est resté sourd, confirmant à lui seul la dérive autoritaire dans laquelle s’enfonce la coordination politique de la circonscription.
À l’approche du positionnement pour les élections législatives, le même scénario s’est reproduit. Le samedi 1er novembre 2025, à l’hôtel La Joie de Savè, une réunion convoquée pour discuter du choix et du positionnement des candidats a rapidement tourné au fiasco. Les militants, venus espérer un débat ouvert et transparent, ont découvert que tout était déjà joué. Les noms circulaient en coulisse, soigneusement choisis par un seul individu, dont l’objectif réel était de se servir du parti pour assouvir sa propre ambition et garantir un retour à l’Assemblée nationale. Cette fois cependant, la manœuvre a échoué : le stratagème a été démasqué et rejeté par une base fatiguée d’être instrumentalisée.
La situation est d’autant plus inquiétante que les mêmes erreurs qui ont conduit à la débâcle de 2023 sont en train de se reproduire. À l’époque, l’égo et le refus d’ouverture du superviseur avaient conduit le parti à un désastre complet : aucune des trois mairies de la circonscription n’avait été remportée. Ce revers, qui aurait dû servir de leçon, n’a visiblement pas inspiré de changement. Et aujourd’hui, les mêmes pratiques, les mêmes exclusions et les mêmes manœuvres revanchardes refont surface, menaçant de replonger le parti dans le chaos.
Il est urgent que le président Joseph Djogbénou et la haute direction nationale du parti prennent la mesure de la gravité de la situation. La 10ᵉ circonscription électorale, jadis symbole de progrès et de renouveau, est en train de devenir l’illustration parfaite d’une gestion clanique et autoritaire. Il faut agir rapidement pour éviter que le mal ne devienne irréversible.
L’UPR ne peut continuer à être l’otage des caprices d’un seul homme. Si la direction nationale ne réagit pas immédiatement, le parti risque de sombrer dans la division et la désillusion lors des prochaines élections générales, qui pointent déjà à l’horizon. Les militants exigent un retour à la transparence, à l’écoute de la base et à la justice dans le choix des candidats, car le sort de l’Union Progressiste le Renouveau dans cette circonscription stratégique est désormais suspendu à la capacité de ses dirigeants à agir.
À ce rythme, le naufrage de 2023 pourrait bien se répéter, et cette fois, nul ne pourra dire qu’il n’avait pas été averti.




















































