Le 28 Mai 2025, l’organisation régionale phare de l’Afrique de l’Ouest a commémoré 50 ans d’existence.  Une célébration qui s’est tenue sur fond d’insatisfactions et de dissensions dans la région occidentale de l’Afrique. Nul besoin d’être expert en relations internationales pour affirmer que l’organisation régionale a besoin de réformes tant dans ses mécanismes,  autant que dans son fonctionnement. Ce qui lui aurait valu de se retrouver aujourd’hui avec 11 pays membres au lieu de 15 au départ. 

 

Les missions  assignées à la CEDEAO sont multiples.  Lors de sa création,  les pères fondateurs étaient mus par une trilogie d’objectifs : la croissance économique,  le commerce et la coopération régionale. 

Ces objectifs de départ dans un contexte bien défini étaient porteurs d’un avenir radieux. 

Si l’on s’en tient à la population de la CEDEAO de nos jours, elle représente 4,4% de la population mondiale pour une superficie qui équivaut à 1,39% de la surface mondiale habitable selon le site web Données mondiales. 

Il faut en déduire que cet espace régional constitue un atout incontestable pour s’imposer sur le continent.

Un fort potentiel non exploité 

La libre circulation des personnes et des biens constitue l’un des axes sur lesquels l’institution régionale a connu des avancées majeures. Il est plus facile aujourd’hui aux populations de circuler aisément à travers le golfe de Guinée et les États voisins, sans visa. 

 La promesse faite par les pères fondateurs (entraide, soutien mutuel, développement harmonisé, partage des richesses de l’espace), si elle avait été tenue jusqu’à présent, nul doute que cet espace disposerait d’une forte capacité de négociation sur l’échiquier international.

 

Seulement,  les incompatibilités entre les agendas des pays et la rigidité des mécanismes au niveau de la CEDEAO ont conduit beaucoup de pays jadis membres de cette illustre institution à la vouer aux gémonies. Le départ de trois pays du Sahel, résultant en la création de l’AES en est la preuve.

En outre, la récente sortie du Bénin pour exprimer ses insatisfactions est à plus d’un titre un appel à une réforme structurelle profonde du fonctionnement de l’instance régionale. 

Quid des enjeux?

Face aux défis sécuritaires, économiques et géopolitiques,  l’avenir de ce grand bloc de l’Afrique de l’Ouest sera tributaire de sa capacité à s’adapter aux réalités du moment.

Il s’agira pour ces différents états membres, de faire fi de leurs ego pour une riposte commune et harmonisée contre la menace terroriste.

Il faudra également résorber la crise de l’Eco, la nouvelle monnaie censée faciliter les échanges au sein de l’espace,  mais qui peine à voir le jour faute de volonté politique et d’auto détermination de la part de certains pays membres.

Les nouvelles dynamiques régionales appelant à une prise de conscience de la capacité d’influence des grands blocs (UE, BRICS, OTAN, et autres), il faudra que l’instance régionale s’affirme davantage comme la CEDEAO des peuples plutôt que la CEDEAO des nations.

Les nations étant des entités fortes, investies du pouvoir régalien et les peuples aspirant à aller, venir, commercer et s’intégrer. 

 

Philippe TOUGAN 

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