À l’approche des élections législatives de janvier 2026, les projecteurs se braquent de nouveau sur la 24ᵉ circonscription électorale, qui regroupe les communes de Ouinhi, Zangnanado, Zogbodomey, Zakpota et Covè. Une circonscription hautement stratégique pour la mouvance présidentielle, mais qui, paradoxalement, révèle une fois encore les déséquilibres criants dans le partage des positionnements politiques. Et c’est Zangnanado, fidèle entre toutes, qui en paie le prix le plus lourd.

Depuis des décennies, cette commune demeure un bastion électoral imprenable, offrant sans réserve ses suffrages à la mouvance présidentielle. Pourtant, son engagement n’a jamais trouvé une juste reconnaissance dans les retombées politiques. Depuis Nicéphore Soglo, qui avait permis à l’honorable Somassè de porter haut les couleurs de Zangnanado, plus rien n’a suivi. Sous Kérékou II : zéro. Sous Boni Yayi : même constat. Et sous Patrice Talon : silence total. Ni député, ni portefeuille ministériel, ni cadre de haut rang n’ont émergé de ce territoire pourtant central dans l’équilibre électoral de la 24ᵉ circonscription.

À l’inverse, les autres communes de la circonscription se sont toujours taillé la part belle. Zakpota, Zogbodomey et Ouinhi ont régulièrement produit des élus ; Covè, véritable « enfant gâté » de l’Agonlin, a bénéficié d’une visibilité nationale grâce à des figures comme Hervé Hêhomey, longtemps ministre des Travaux publics, ou encore Janvier Yahouédéou, conseiller spécial du Chef de l’État. Zogbodomey et Ouinhi ont mis en avant des personnalités telles que Lazare Sèhouéto et Cyr Koty. Mais Zangnanado, elle, continue d’être reléguée au silence, malgré sa loyauté et sa contribution déterminante aux victoires électorales successives.

Cette marginalisation chronique, devenue une véritable constante politique, pèse aujourd’hui comme une menace. L’opposition, attentive à ces failles, ne manquera pas de capitaliser sur le ressentiment grandissant de la population. Les frustrations accumulées pourraient fragiliser la solidité de ce bastion, et dans un contexte électoral où chaque voix comptera, l’erreur serait fatale.

Il est donc urgent que la gouvernance actuelle rompe avec cette injustice héritée de tous les régimes précédents. Les élections générales de 2026 doivent être l’occasion de réparer une anomalie historique. Redonner à Zangnanado une place digne dans les positionnements politiques de la circonscription serait plus qu’un geste symbolique : ce serait une démonstration de justice et de reconnaissance.

Car en politique, la fidélité n’est pas un chèque en blanc. Elle exige réciprocité et considération. Après des années de sacrifices et de loyauté sans faille, Zangnanado ne peut plus rester relégué au second plan. Le temps est venu pour ce bastion de sortir de l’ombre et de prendre enfin la place qui lui revient dans la grande marche vers 2026.

                                Fréjus Sodonougbo 

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